À l’ère où chaque clic, chaque API et chaque modèle d’IA peut devenir une porte d’entrée pour un attaquant, le rôle du Chief Information Security Officer (CISO) – ou RSSI en français – n’a jamais été aussi central. Loin de l’image du technicien barricadé derrière des firewalls, le CISO d’aujourd’hui est un véritable exécutif stratégique : il traduit les menaces en impacts financiers, négocie avec les assureurs cyber, influence les investissements du board et assure que l’innovation (cloud, IA générative, supply chain digitale) ne se transforme pas en vulnérabilité fatale. Son importance s’est imposée brutalement ces dernières années. Les régulations comme NIS2 et DORA en Europe obligent les organisations à prouver leur résilience, pas seulement leur conformité.
Son rôle ? Anticiper les crises, aligner la sécurité sur le business, et transformer le risque cyber en levier de confiance. Ignorer ça, c’est jouer à la roulette avec la continuité d’activité.
Prenez l’exemple des attaques supply chain 2025 : Jaguar Land Rover stoppé net pendant des semaines (pertes estimées > 2 Md£), Ingram Micro ransomware touchant des milliers de clients, ou les retailers UK (M&S, Co-op) paralysés par un tiers compromis. Dans ces crises, les entreprises dont le CISO avait anticipé le risque – via une cartographie rigoureuse des dépendances, des SBOM obligatoires chez les fournisseurs, des exercices de crise réguliers et une gouvernance Zero Trust étendue – ont contenu les dégâts en jours plutôt qu’en semaines. À l’inverse, celles où la cybersécurité restait silotée ou sous-financée ont vu leur réputation, leurs revenus et parfois leur survie menacés. Le CISO n’empêche pas toujours l’attaque (personne ne le peut à 100 %), mais il fait la différence entre une perturbation gérable et une catastrophe systémique.
Comment accéder à ce poste si convoité ? Le chemin n’est pas linéaire, mais plusieurs parcours se dessinent clairement en 2026. Le plus classique reste celui du « cybersecurity climber » : on démarre souvent par des rôles techniques (administrateur systèmes/réseaux, pentesteur, analyste SOC), on monte en expertise via des certifications phares (CISSP, CISM, CRISC), on pilote des projets cloud security ou identity, puis on prend des responsabilités managériales (head of SOC, directeur sécurité). Après 8 à 15 ans d’expérience cumulée, le saut vers CISO devient possible, surtout si l’on a su démontrer une vision business et une communication exécutive.
D’autres voies émergent : certains arrivent du monde IT classique (ex-DSI ou CTO qui intègrent la cybersécurité dans leur mandat élargi), d’autres via un parcours risque/compliance (souvent en banque ou assurance). Les profils hybrides – ingénieur + MBA, ou expert technique avec forte appétence pour la gouvernance et l’IA – sont particulièrement recherchés. Ce qui compte finalement ? Savoir parler le langage du board (risque en €, ROI sécurité, résilience), maîtriser les sujets chauds (sécurisation de l’IA, quantum-readiness naissante, supply chain), et surtout incarner le leadership sous pression : gérer une crise à 3h du matin tout en gardant le cap stratégique.
En 2026, être CISO, c’est piloter l’entreprise dans la tempête pour qu’elle en sorte plus forte. Un job épuisant, exposé, mais vital. Sans lui, pas de résilience. Sans résilience, pas de futur.
Et vous ? Avez-vous vu un CISO faire la différence dans une vraie crise ? Ou au contraire, payer le prix de son absence ?
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